Nous arrivons à l'aéroport Roissy - Charles De Gaulle à 11h00. Gros stress dû à l'enregistrement des bagages (a-t-on dépassé les 20 kg par personne ?), au trajet en avion et au voyage en général. Chacun essayant de faire bonne figure, on se répète en boucle : « ça va bien se passer » d'un air cool et décontracté. Mais on ne trompe personne...
L'enregistrement des bagages se déroule normalement, malgré le regard interloqué de l'hôtesse sur notre tente, comme si elle n'en avait jamais vu (« Je vais la mettre avec les colis spéciaux »). Remarquez qu'en cette période, elle ne doit effectivement pas en voir beaucoup !
12h40. Longue attente pour l'embarquement. La tension monte encore progressivement (si si, c'est possible). On se force à manger nos sandwichs, mais notre estomac est trop noué pour accepter quoique ce soit. On les bourre négligemment au fond du sac à dos, en espérant qu'ils passeront à travers les fouilles. On ignore alors que ce casse-croûte va nous sauver le soir même...
14h30. L'avion s'envole comme prévu, après un long tour de piste. Vincent, assis à ma gauche, est déjà accroché à la caméra. Le type à ma droite, un Américain, dort déjà depuis cinq bonnes minutes. Le décollage ne le fait même pas sourciller ! Impressionnant. Une fois dans l'avion, on ne ressent plus le stress. Seule une furieuse envie d'aller aux toilettes me gâche le décollage. Entre deux siestes, l'Américain me demande : « Are you from Iceland ? ». Je lui réponds que non, je viens de France. L'air déçu, il ne m'adresse plus la parole, ce qui m'arrange joyeusement, n'ayant aucune envie de parler anglais pendant 3h30.
16h00, heure locale. Arrivée à l'aéroport de Keflavik. Tout excités, nous changeons toutes nos économies en couronnes islandaises (isk) et récupérons la voiture de location : une Toyota Yaris 5 portes (tout terrain ?).
18h45. Nous voici enfin sur les routes islandaises ! Après un petit détour d'une vingtaine de kilomètres au sortir de l'aéroport, nous nous dirigeons vers la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de l'île. Hors de la « ville », quasiment aucune voiture. Nous nous sentons seuls au monde. Nous traversons des champs et des champs de roches volcaniques, ternes, rendant le paysage monochrome, éteint.
En route, nous passons devant un site (enfin, une pancarte) et décidons de nous y arrêter. En sortant de la voiture, nous sommes frappés par le silence, pesant, quasi-absolu. Une petite brise vient nous cingler le visage. Nous nous trouvons en réalité pile entre la plaque américaine et eurasienne. Un pont symbolique relie les deux côtés de la faille, qui s'éloignent de 2 centimètres par an !
Nous continuons notre route sur des chemins de plus en plus caillouteux, et commençons à nous demander si la voiture (ses suspensions et sa carrosserie) tiendront le coup. Nous sommes pourtant sur une route ouverte aux voitures de tourisme, seuls les numéros commençant par la lettre F ne sont accessibles qu'en 4x4.
Après quelques détours sur des chemins sinueux, nous arrivons aux pieds des falaises de Reykjanestá. Malgré un grand soleil, le vent souffle très fort. Au sommet des côtes, nous apercevons des rochers émergeant de l'eau et se découpant à l'horizon. Magnifique ! Ces falaises sont tachetées de fiente des fous de Bassan. Dos à l'océan Atlantique, on aperçoit au loin des fumerolles et le phare. Celui-ci à été reconstruit suite à l'effondrement du premier dans un tremblement de terre à la fin du XIXe siècle.
Il commence à se faire tard et décidons de rentrer tout doucement à Reykjavik. On s'arrête juste quelques minutes pour voir le champ de fumerolles d'un peu plus près, mais le site est fermé, certainement à cause du vent.
Arrivés à la capitale, puis après quelques détours, au camping, nous prenons nos marques : officiellement fermé, il n'y a qu'une seule cabine de douche / toilettes ouverte. Pour une nuit, elle fera largement l'affaire. Mission installation de la tente accomplie, nous commençons à faire bouillir de l'eau pour notre soupe de pâtes importée. Une fois cuites, Vincent, notre apprenti campeur, saisit avec le manche amovible la casserole, qui se renverse dans l'herbe... Après un bon gros fou rire, mais un peu amers, nous nous rabattons sur le reste de sandwichs du midi. Les vacances commencent bien !
Pour un petit aperçu de cette première journée en vidéo, c'est ici. |